Développer un approvisionnement stratégique de bœuf pour les comptoirs des détaillants québécois afin de limiter l’impact de la crise auprès des consommateurs

//  12 mai 2020  //  Achat local, Boeuf Québec, Communiqués, Marchés  //  Commentaires fermés

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Ces jours-ci, les économistes expliqueront sur toutes les tribunes que la transformation du bœuf s’est consolidée autour d’abattoirs géants au Canada et aux États-Unis, qui produisent à moindre coût, ce qui les rend plus compétitifs face au consommateur. Pourquoi est-ce que le comptoir des épiceries n’est pas rempli par le bœuf du Québec à juste prix ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Mon opinion personnelle est qu’au cours des 40 dernières années, le bœuf au Québec s’est développé davantage en s’inspirant des cowboys de l’Ouest canadien et américain, sur un modèle de bœuf de commodité. La réalité est que depuis plus de 10 ans les producteurs et les abattoirs du Québec ne sont plus compétitifs dans ce modèle. Depuis 5 ans, la Société des parcs d’engraissement du Québec et ses partenaires utilisent le partenariat Bœuf Québec pour reconstruire la filière bœuf au Québec sur de nouvelles bases. Pourquoi sommes-nous en mesure de vendre du Smoked meat Bœuf Québec au même prix que la compétition dans les épiceries ? Comment est-ce que Bœuf Québec réussit à renforcer l’approvisionnement du bœuf du Québec dans les épiceries ?

Pour comprendre la stratégie Bœuf Québec, le meilleur outil est de comparer avec le porc du Québec. Le porc et le bœuf partagent le même défi de naviguer sur le libre marché, où c’est la loi du plus fort, avec en référence la bourse de Chicago. Le porc du Québec a gagné sa place sur le libre marché, c’est une réussite colossale ! À force d’observer les gens du porc au cours des sept dernières années, j’ai retenu quatre facteurs de succès que nous appliquons aussi dans le programme Bœuf Québec :

Réunir tous les maillons de la filière : la compétitivité et la réussite ne viennent pas d’un seul maillon, mais du travail concerté de tous les maillons de la filière, ce qui développe une chaîne de valeur.

Miser sur la qualité pour se distinguer et charmer le consommateur : nous avons entrepris de distinguer une offre de bœuf du Québec en misant sur la qualité, l’origine et la production durable. Ça va prendre plusieurs années pour développer ces distinctions, mais le travail est amorcé ! Il nous faut maintenant amener le consommateur à tomber en amour avec le bœuf du Québec, puisqu’il est l’arbitre final.

Innover pour être plus productif : je fais partie de ceux qui croient qu’une entreprise a la responsabilité d’investir dans l’innovation. L’innovation tout au long de la filière, c’est ce qui nous permettra d’être plus compétitifs et de valoriser l’ensemble de l’animal, du museau à la queue.

Miser sur des leaders pour piloter ce chantier agroéconomique : mobiliser une industrie, c’est un défi humain formidable ! Pour y arriver, il faut rassembler des gens d’affaires qui démontrent un leadership et une capacité de vision qui sort de l’ordinaire. Ces gens sont présents dans le bœuf.

Ce chantier permet maintenant d’avoir davantage de bœuf du Québec dans les restaurants, les boucheries et même dans les comptoirs d’une première grande chaîne grâce au soutien de Sobeys et des détaillants IGA à travers le Québec.

Aujourd’hui, avec la crise causée par le covid-19, nous travaillons dans l’urgence Bœuf Québec pour accélérer la reconstruction de la filière québécoise. L’objectif est maintenant de quadrupler le rythme de transformation du bœuf au Québec afin de développer un approvisionnement stratégique de bœuf pour les comptoirs des détaillants québécois et de limiter l’impact de la crise sur les consommateurs ! Nous sommes en mesure d’offrir un prix compétitif aux consommateurs. Et plus le consommateur achètera Bœuf Québec, plus nous serons en mesure d’offrir un meilleur prix !

Et à l’instar du succès du porc québécois, nous souhaitons créer une filière de classe mondiale, capable de servir le meilleur bœuf aux Québécois. On fait le meilleur smoked meat au monde, et lorsqu’il est fait avec du bœuf du Québec, il est encore meilleur ! Le bœuf élevé au Québec respecte nos valeurs, tant sur la santé, le bien-être animal que sur l’environnement. Enfin, la réussite de la reconstruction de la filière permet aussi de réinvestir dans les régions du Québec. Si on ramène la production au niveau de 2008, c’est 500 millions chaque année qui seront réinvestis dans les régions du Québec. C’est un énorme levier pour le développement économique des régions !

Jean-Sébastien Gascon
Directeur général
Bœuf Québec
Société des parcs d’engraissement du Québec
jsgascon@videotron.ca
Cell. : 438.495.4994

 

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