De l’agriculture régénératrice pour une ferme bovine carboneutre

19mai2020-9

La production de viande a un fort impact environnemental. À l’heure de l’urgence environnementale, un duo d’agronomes a lancé Écoboeuf, une entreprise de bœuf nourri à l’herbe dans une ferme carboneutre.

«Pendant mes études, j’ai eu une remise en question sur l’incidence de la production animale sur l’environnement», explique Simon Lafontaine, aujourd’hui au doctorat à l’Université Laval. Il connaît bien les défis du secteur puisqu’il a grandi sur une ferme bovine en Abitibi.

Tiré de scientifique-en-chef.gouv.qc.c.a – Publié le 20 avril 2020

La première des choses à faire pour diminuer l’empreinte écologique, c’est d’éliminer l’engraissement au grain, en ne donnant aux ruminants que de l’herbe et en les laissant au pâturage le plus possible. Contrairement à la plupart des grains (ex. maïs), l’herbe survit à plusieurs hivers, n’est pas dépendante d’engrais de synthèse ni de pesticides, évite le ruissellement et l’érosion des sols et est mieux adaptée au système digestif des vaches. Bingo! La production d’herbe est donc beaucoup plus durable et permet une alimentation plus adaptée pour le bien-être de l’animal. Heureusement pour notre duo d’agronomes, les plantes fourragères sont abondantes dans les milieux nordiques comme l’Abitibi.

«On a monté notre entreprise pour faire une expérimentation sur le terrain, pour établir la chaine de production de bœuf nourri à l’herbe de A à Z , explique Frédérique Lavallée, qui est à la maîtrise en sciences du sol et en agroforesterie à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Et puis, avec le sentiment d’urgence climatique qu’on ressent, on a voulu commencer vite».

Écobœuf est une ferme carboneutre : les émissions de gaz à effet de serre émis par la production de viande sont entièrement réabsorbées sous forme de carbone dans les sols. Comment? En autres en réduisant l’utilisation d’énergie fossile, mais aussi grâce à une gestion stratégique du déplacement des vaches au champ pour stimuler la croissance des plantes tout en limitant l’épuisement des sols ainsi qu’en intégrant des arbres aux pâturages (une pratique agroforestière nommée sylvopastoralisme).

Quoi de mieux que de contrer son empreinte écologique en agissant directement sur l’environnement de production du boeuf?! En plus, la viande nourrie à l’herbe a un goût et des qualités nutritionnelles exceptionnelles (moins grasse, moins calorique et à plus haute teneur en oméga-3). «C’est un scénario gagnant-gagnant-gagnant», résume Simon Lafontaine, qui rappelle qu’on peut trouver leur produit à Montréal notamment, dans les boucheries Ça Va Barder!, le AAA Boucherie Gourmet et Pascal le boucher.

Écobœuf a été choisie comme Coup de cœur «Étudiant créateur d’entreprise» décerné par les Fonds de recherche du Québec dans le cadre de OSEntreprendre. L’entreprise a aussi pu compter sur Entreprenariat Laval, la municipalité régionale de comté (MRC) d’Abitibi-Ouest et bien évidemment la ferme Lafontaine-Noël (la ferme familiale).

Source : http://www.scientifique-en-chef.gouv.qc.ca/impacts/de-lagriculture-regeneratrice-pour-une-ferme-bovine-carboneutre/

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