De la viande 3D?

//  25 mai 2017  //  Marchés, Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

Cattle_drovers_Network

Par Dan Murphy 08 mai 2017

Il faut que vous aimiez les australiens!

Non seulement ils ont inventé un genre d’argot quotidien qui est pratiquement un autre dialecte de l’anglais mais, aussi, ils trouvent des moyens uniques de décrire même les processus techniques.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Voici l’exemple d’une histoire appelée Startsat60.com:

« La perspective des cartouches remplies d’abats liquéfiés et d’émincés peut être écoeurante, mais Meat and Livestock Australia n’exclut pas, qu’à l’avenir, la technologie puisse avoir une place dans votre assiette ».

Je ne le crois pas.

Le serveur : « Et pour vous monsieur »

Le client : « Je vais prendre les abats liquéfiés et émincés, merci, et puis-je avoir du ketchup avec ça? »

Mais, selon une récente histoire de The Australian, les représentants de Meat and Livestock Australia ont déclaré aux participants lors d’une conférence à l’Université Monash de Melbourne que les imprimantes d’aliments 3D « seraient bientôt aussi courantes dans les restaurants que les machines à café et les micro-ondes ».

« Nous ne disons pas que cette technologie remplacera toutes les saucisses et les steaks », a déclaré Michael Lee, gestionnaire des aliments de demain de la MLA, « mais à certaines occasions, la viande imprimée en 3D sera disponible ».

Une imprimante d’aliments 3D fabriquée aux Pays-Bas a été exposée à la conférence, produisant ce que l’Australie a décrit comme étant de « délicats morceaux en forme de fleur de boeuf reconstitué » qu’un chef a transformé en canapés et autres hors-d’œuvre.

La route est longue entre l’impression 3D jusqu’à la création par canapés d’un chef professionnel. Mais la vraie raison pour laquelle les leaders de l’industrie sont excités par le potentiel de la viande 3D n’est pas parce qu’un super-chef peut créer des hors-d’œuvre appétissants avec n’importe quelle boule de chaire que l’imprimante crache, non, la vraie raison est parce que le processus pourrait potentiellement ajouter de la valeur à la viande hachée et à la garniture.

Naturel vs. Synthetique

Il existe trois problèmes graves avec l’impression de viande 3D, au-delà de la connexion évidente du terme « impression » de la nourriture.

L’un des problème est l’utilisation de ce que les consommateurs perçoivent comme des «produits chimiques», des «hormones» et des «additifs» pour décrire la suspension biologique de protéines utilisées comme substrat pour un système d’impression de viande 3D. Pensez-vous que les défenseurs organiques stridents, qui diabolisent les viandes traditionnelles et les produits laitiers avec tous les mots péjoratifs, vont adopter un processus totalement artificiel aussi éloigné de la nature – au sens figuré – qu’il est humainement possible ?

La viande en éprouvette et les steaks 3-D fourniront tout un terrain de jeu aux défenseurs de la culture organique naturelle, à l’herbe, en liberté et de tout autre positionnement alternatif à la production d’élevage conventionnel.

De plus, beaucoup de consommateurs qui commencent à s’habituer au format des animaux producteurs de denrées alimentaires sans antibiotiques, sans OGM, élevés à la ferme familiale pourraient ne pas être si rapide à adhérer à la viande 3D.

Vous aimez les aliments cultivés en usine ? Levez-vous donc et appuyez sur le bouton qui indique « IMPRIMER ».

Deuxièmement, il y a le défi du goût et de la texture.

Nous, les consommateurs modernes, sommes très particuliers à propos de ce que nous aimons et de ce que nous n’aimons pas en ce qui concerne nos produits alimentaires de base. Pensez-vous que les grands transformateurs de produits alimentaires et les spécialistes du marketing dépensent plusieurs millions à gérer des tests de goût et des groupes de discussion afin d’ajuster les niveaux d’épices, de modifier la sensation en bouche et même d’affiner le degré apparent de cuisson désirée pour tous les milliers de produits alimentaires préparés des supermarchés américains sans raison apparente ?

En passant, cette question était une question rhétorique.

Même les produits alimentaires hautement transformés et entièrement artificiels, c’est-à-dire, comme exemple, les hamburgers végétariens formulés, ont une marque et sont positionnés comme étant propres, naturels et sains, et ceci avec beaucoup d’images qui veulent dire « produits et céréales sains et frais sortis de la ferme ». Tout cela pour créer une aura qu’un produit alimentaire fabriqué dans des systèmes de haute technologie comme ceux qui produisent des composants industriels est en quelque sorte semblable à ce qu’une famille vivant sur une ferme, il y a de cela 100 ans, mangerait le dimanche soir.

Nous sommes heureux d’accepter une technologie de pointe lorsqu’elle alimente nos téléphones intelligents et tablettes. Mais quand il s’agit des aliments que nous donnons aux membres de nos familles, nous ne sommes pas si enclins à vouloir de ce genre de technologie.

La commodité d’une imprimante d’aliments 3D peut en effet trouver une place dans les cuisines des consommateurs. Mais dans un avenir prévisible, il est probable que cela soit semblable à ces presse-boissons haut de gamme, tout usage, qui coûtent une semaine de salaire… et que cela devienne à peu près aussi banal.

Note de l’éditeur: Les opinions dans ce commentaire sont celles de Dan Murphy, journaliste et commentateur chevronné.

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Meat of the Matter: 3D Meat?

By Dan Murphy May 08, 2017 | 7:00 am EDT

You gotta love the Aussies.

Not only have they invented an entire genre of everyday slang that’s practically another dialect of English, they find unique ways of describing even technical processes.

Here’s the lead of a story appearing on a website called Startsat60.com:

“The prospect of cartridges filled with liquefied offal and mince may be stomach-churning, but Meat and Livestock Australia isn’t ruling out the technology as having a place on your plate in the future.”

I don’t think so.

Waiter: “And you sir?”

Diner: “I’ll have the liquified offal and mince, thanks, and can I get some extra ketchup with that?”

But according to a recent story in The Australian, representatives of Meat and Livestock Australia told attendees at a conference at Monash University in Melbourne that 3D food printers “would soon be as common in restaurants as coffee machines and microwaves.”

“We are not saying this technology will replace all sausages and steaks,” said MLA Tomorrow food manager Michael Lee, “but that on some occasions, 3D-printed meat will be available.”

A 3D food printer made in The Netherlands was display at the conference, producing what The Australian described as “delicate flower-shaped morsels of reconstituted beef” that a chef turned into canapes and other appetizers.

It’s a long way from 3D printing to a professional chef creating canapes, but the real reason industry leaders are excited by the potential of 3D meat isn’t because some super chef can create appetizing hors d’œuvres out of whatever fleshy blob the printer spits out, but because the process could potentially add value to ground meat and trim.

Natural vs. Synthetic

There are three serious problems with 3D meat printing, beyond the obvious connection of the term “printing” with food.

One is the use of what consumers would perceive as “chemicals,” “hormones” and “additives” to describe the biological slurry of proteins used as the substrate for a 3D meat -printing system. You think the strident organic advocates, who demonize conventional meat and dairy foods with every pejorative in the book are going to embrace a totally artificial process that’s as far removed from Nature — figuratively speaking — as humanly possible?

Test-tube meat and 3-D steaks are going to provide a field day for advocates of natural organic, grass-fed, free-range, and every other alternative positioning to conventional livestock production.

And a lot of consumers who are becoming accustomed to the antibiotic-free, non-GMO, family-farm-friendly format for animal foods may not be so quick to embrace 3D meat.

You love factory-farmed foods? Then step right up and hit the button that says “PRINT.”

Second, there is the challenge of taste and texture.

We modern consumers are pretty particular about what we like, and what we don’t like in our staple food products. Do you think the big food processors and marketers spend multi-millions running taste panels and focus groups to adjust spice levels and modify mouthfeel and even fine-tune the apparent degree of doneness for all the thousands of prepared food products that line the shelves and stock the cold cases of America’s supermarkets for no apparent reason?

By the way? That was a rhetorical question.

Even the most highly processed, totally “artificial” food products, i.e., formulated veggie shamburgers as one example, are branded and positioned as clean, natural and healthy, with lots of fresh-from-the-farm imagery of wholesome produce and grains — all to create an aura that a food product manufactured in high-tech systems like the ones that turn out industrial components is somehow akin to what a farm family 100 years ago would be sitting down to eat at Sunday dinner.

We’re happy to accept cutting-edge technology when it powers our smartphones and iPads. But when it comes to what we feed our families, not so much.

The convenience of a 3D food printer may indeed find a place in consumer kitchens. But for the foreseeable future, it’s likely to be similar to those high-end, all-purpose juicers that cost a week’s pay.

And about as commonplace.

Editor’s Note: The opinions in this commentary are those of Dan Murphy, a veteran journalist and commentator.

 

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