Conseils pour revitaliser vos pâturages

//  18 avril 2019  //  Conseils, Nutrition, Techniques de nutrition  //  Commentaires fermés

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Il arrive que les surfaces fourragères deviennent improductives après des années de pâturage ininterrompu si on leur laisse trop peu de temps pour se rétablir, mais il est possible de les revitaliser grâce à la gestion du pâturage (en anglais seulement), disent des spécialistes.

Les animaux ont tendance à choisir les plantes les plus savoureuses, mais si on les laisse paître librement, ils brouteront toute la végétation, laissant derrière eux des parcelles dénudées qui sont invitantes pour les espèces végétales envahissantes et peu nutritives ainsi que pour les sauterelles (en anglais seulement).

« Le surpâturage est le facteur principal qui mène à l’établissement d’espèces envahissantes, qui tolèrent le pâturage intensif et sont aptes à supplanter les espèces productives en absorbant les éléments nutritifs et l’humidité nécessaires à leur croissance », explique Bart Lardner, chercheur scientifique spécialisé en production bovine à l’Université de la Saskatchewan.

Tiré de Financement Agricole Canada –par Richard Kamchen –  Publié le 17 avril 2019

Si le peuplement végétal périclite, il en ira de même du bétail, qui sera incapable de combler ses besoins en énergie, en protéines, en fibres, en vitamines et en minéraux.

« Il s’agit de préserver l’équilibre entre les besoins de votre peuplement végétal et vos objectifs en matière de rendement des animaux », résume M. Lardner.

Repos et gestion

La priorité pour un pâturage épuisé est d’être mis au repos, indique Cedric MacLeod, agronome et directeur général de l’Association canadienne pour les plantes fourragères.

Les surfaces fourragères épuisées par le surpâturage ont besoin d’une période de repos sans animaux pour reprendre de la vigueur. Partagez sur Twitter

L’installation de clôtures transversales (en anglais seulement) permet de diviser un pâturage en enclos, ce qui favorise son rétablissement.

« Plus les enclos sont nombreux, plus ils profitent d’un long repos », dit M. Lardner.

Ralph Martin, phytotechnicien à l’Université de Guelph, préconise un système de pâturage de masse d’aussi peu qu’une journée afin de lutter contre les mauvaises herbes et de rétablir des conditions propices à la croissance des graminées et des légumineuses bénéfiques.

« La meilleure façon de rétablir une parcelle est d’y envoyer des animaux en grand nombre – ce qu’on entend par pâturage de masse – pendant de courtes périodes, et de la laisser au repos assez longtemps avant d’y renvoyer des animaux », dit M. Martin.

Laissez les animaux consommer la biomasse jusqu’à ce qu’il reste entre 40 et 50 % de la hauteur des tiges, conseille M. Lardner.

« De plus, une haute densité d’animaux a un effet positif sur le cycle des éléments nutritifs du fumier et favorise le piétinement par les sabots, ce qui accélère les processus de recyclage et de décomposition », ajoute M. Lardner.

Les végétaux qui ont été broutés ont ensuite besoin d’au moins un mois ou deux pour se rétablir.

Faible taux d’adoption

Le pâturage tournant ne date pas d’hier, mais il faut continuer d’en vanter les mérites parce que le milieu agricole ne l’a pas encore largement adopté, souligne M. MacLeod. Souvent, après avoir subvenu aux besoins alimentaires de leur bétail pendant un long hiver, les éleveurs sont tentés d’envoyer leurs animaux au pâturage le plus tôt possible.

M. Martin ajoute que trop peu d’éleveurs ont assez d’enclos offrant l’accès à de l’eau pour pouvoir déplacer les bovins au moins une fois par jour.

Toutefois, la mise en place d’un système de pâturage est indispensable à la gestion de ressources précieuses comme les pâturages et le sol, insiste M. Lardner.

En conclusion

Le pâturage ininterrompu est susceptible de gêner la croissance des plantes et de réduire les avantages nutritionnels offerts au bétail. Le déplacement des animaux vers un autre enclos, l’établissement d’un système de pâturage de masse et la mise en œuvre du pâturage tournant contribuent à revitaliser les peuplements végétaux.

Source : https://www.fcc-fac.ca/fr/ag-knowledge/knowledge/tips-to-revitalize-your-grasslands.html

 

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