Combattre le stress thermique pendant les mois d’été

//  23 juin 2017  //  Bien-être et Santé animale, Santé Animale  //  Commentaires fermés

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Dans les préparatifs pour l’été, il est temps de penser aux défis de la nouvelle saison. Un des défis attribuables aux journées chaudes et humides de l’été est le stress thermique. Le stress thermique peut avoir un impact négatif sur la productivité et le bien-être des animaux. La surveillance des prévisions météorologiques pendant la saison estivale et la prise en compte des facteurs de risque, des signes, des conséquences et des stratégies d’atténuation du stress thermique peuvent aider à minimiser son impact.

Pourquoi le stress thermique est-il un problème?

Le stress thermique a un effet négatif sur la performance et le bien-être des animaux. Il a été associé à plusieurs problèmes, notamment à une baisse de la consommation alimentaire et une réduction du gain de poids chez les bovins d’engraissement et une diminution de la fertilité chez les animaux reproducteurs. Des périodes de stress thermique sévères et prolongées peuvent entraîner de la mortalité.

Quels sont les facteurs de risque?

Pour maintenir l’homéostasie thermique, les animaux produisent ou dissipent la chaleur. Les bovins produisent une quantité importante de chaleur par la digestion (fermentation) et génèrent également de la chaleur en raison du métabolisme des tissus. Les moyens selon lesquels le bétail dissipe la chaleur de leur corps comprennent la convection, la conduction, le rayonnement et l’évaporation (transpiration et respiration). Lorsque le bétail est incapable d’évacuer la chaleur dans l’environnement en raison des conditions environnementales, le stress thermique peut survenir.

La température élevée de l’air ambiant est le principal facteur d’un stress thermique, mais les températures élevées couplées à une forte humidité relative, le rayonnement solaire et une circulation d’air réduite peuvent prédisposer davantage le bétail au stress thermique. L’indice température-humidité (tableau 1) tient compte de la température et de l’humidité relative. Il peut être utilisé pour déterminer approximativement le seuil où le bétail peut commencer à subir un stress thermique et le degré de gravité.

Tableau 1. Indice température-humidité (ITH) pour les bovins

Omafra_stress_thermique_1*Adapté de Alberta Agriculture and Forestry « Minimiser le stress thermique chez le bétail »

L’Université de Guelph et le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario ont mis au point une application à l’intention des éleveurs leur permettant d’évaluer le risque potentiel de stress thermique. Pour télécharger l’application ou pour plus d’informations, visitez www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/facts/heat-app.htm.

L’ampleur du stress thermique sur le bétail dépend de l’âge, de l’état corporel, de la disponibilité et de la gestion des aliments et de l’eau, de l’accès à l’ombre ou un abri et à d’autres facteurs physiologiques. Les températures nocturnes plus basses ont tendance à réduire l’impact des températures diurnes.

Les animaux d’engraissement sont davantage exposés au stress thermique, car ils reçoivent des aliments hautement énergétiques, ce qui accroît la production de la chaleur métabolique. La sensibilité au stress thermique est particulièrement élevée chez les bovins en fin d’engraissement avec un état corporel accru. La couleur du pelage peut également affecter la sensibilité au stress thermique. Les bovins au pelage foncé sont plus sensibles au stress thermique que les bovins au pelage pâle.

Quels sont les signes de stress thermique?

Les bovins vont changer leur comportement en essayant de s’adapter aux températures en dehors de leur zone athermique. Pour se rafraîchir pendant les périodes de températures élevées, le bétail aura tendance à chercher les endroits ombragés, à passer moins de temps couchés et à chercher des sources d’eau.

Lorsque les bovins sont affligés par la chaleur, les symptômes qu’ils peuvent démontrer sont les suivants :

  • respiration laborieuse
  • halètement bouche ouverte
  • regroupement afin de réduire l’exposition aux rayonnements solaires
  • production accrue de salive (bave)

Que faire pour atténuer le stress thermique?

  • Fournir un volume suffisant d’eau potable
    • Un approvisionnement suffisant en eau potable est une mesure capitale pour réduire les effets du stress thermique et prévenir la déshydratation des bovins. Gardez à l’esprit que les besoins en eau du bétail augmentent à mesure que la température augmente. Le tableau 2 décrit les besoins en eau des bovins à différents stades de production et à différentes températures ambiantes.
    • Assurez-vous que les bovins aient accès à un espace d’abreuvement adéquat. Il faut s’attendre à ce que le bétail vienne s’abreuver plus souvent et plus longtemps lorsque les températures sont élevées.
  • Changer le régime alimentaire
    • Dans des circonstances normales, il est recommandé de conserver le régime alimentaire. Cependant, la modification des pratiques d’alimentation pendant une vague de chaleur peut être un moyen de réduire les effets dus au stress thermique.
    • Chez des bovins d’engraissement souffrant de stress thermique, Mader et coll. (2001) ont démontré qu’une alimentation restreinte a contribué à réduire les effets du stress thermique comparativement à une alimentation à volonté.
    • Servir la grande partie des aliments à la fin de l’après-midi ou le soir peut aider à réduire les effets du stress thermique. L’objectif de cette stratégie est de dépasser le temps où les températures diurnes et la rumination sont à leur maximum pour réduire la charge thermique (Davis et coll., 2001).
  • Penser aux aménagements physiques
    • Dans le cas de bovins confinés, augmentez le débit d’air en ouvrant les rideaux et en favorisant autant que possible la circulation de l’air dans l’étable. Utilisez des ventilateurs pour augmenter la circulation de l’air.
    • L’aspersion des bovins et des surfaces peut être un moyen efficace de réduire le stress thermique. Davis et coll. (2003) ont montré que les asperseurs étaient efficaces pour atténuer les effets du stress thermique par un transfert accru de la chaleur par évaporation. L’aspersion refroidit également les surfaces de l’étable qui peuvent augmenter le transfert de la chaleur entre les animaux et les surfaces. Il faut tenir compte de la budgétisation pour un approvisionnement en eau adéquat et s’assurer que les planchers ne deviennent pas glissants.
    • Offrez de l’ombre (comme des arbres, bâtiments et autres structures d’ombrage) dans la mesure du possible et assurez-vous que les bovins aient suffisamment d’espace pour bien s’y répartir.
  • Modifier les stratégies de manipulation
    • Évitez de transporter, de traiter ou de manipuler le bétail quand les températures sont au maximum pendant la journée. La température corporelle augmente avec une activité accrue. La

 

Adapté de : Nutrient Requirements of Beef Cattle: Eighth Revised Edition (en anglais seulement), Conseil National de Recherche

En résumé, le stress thermique peut réduire la performance et le bien-être des bovins. Une planification visant à atténuer le stress thermique avant les mois d’été chauds et humides pourra vous aider à faire face aux périodes de températures élevées lorsqu’elles surviendront.

Références :

Davis, M.S., Mader, T.L., Holt, S.M., and Parkhurst, A.M. 2003. Strategies to reduce feedlot cattle heat stress: Effects on tympanic temperatures. J. Anim. Sci. 81:649-661

Mader, T.L., Holt, S.M., Hahn, G.L., Davis, M.S., and Spiers, D.E. Feeding strategies for managing heat load in feedlot cattle. J. Anim. Sci. 2002. 80:2373-2382

Marx, Tennis. 2004. Minimizing Heat Stress in Beef Cattle. Alberta Ministry of Agriculture and Forestry.

NRC Nutrient Requirements of Beef Cattle, 8th Revised Edition. 2016. The National Academies Press. Washington, DC

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