Canadian Cattlemen – Analyse des marchés

//  15 décembre 2017  //  Analyses de marché, Marchés  //  Aucun commentaire

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Regard vers 2018

Par Gren Winslow - Éditeur
Publié: décembre 11, 2017

J’essayais de penser à un mot qui résumerait l’année 2017, et le meilleur que j’ai pu trouver était volatile.

Nous sommes entrés en 2017 ensanglantés par un effondrement des prix à la baisse, puis un semblant à la hausse. Les prix des gros bovins et des veaux sont à la hausse depuis septembre, et les meilleurs prix ont entraîné une ruée de veaux vers le marché jusqu’en novembre. Avec des veaux de l’Alberta qui obtenaient une prime aux États – Unis, quelques milliers de veaux américains qui s’y sont ajoutés cet automne. Les contrats à terme semblent également prometteurs malgré le nombre plus élevé de placements aux États-Unis.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Ce que tout cela laisse présager pour 2018 reste encore à voir, mais les marchés semblent vraiment vouloir rester volatils pendant un certain temps.

Les chiffres de cet automne n’on pas montré de signe d’optimisme dont les producteurs canadiens auront besoin pour commencer à reconstruire leurs troupeaux. Au début du mois de novembre, le nombre de génisses abattues était de 10% supérieur à celui de l’an dernier, et les dernières données sur les bovins en l’engraissement indiquent que les placements des génisses de moins de 700 livres ont augmenté de 56 pour cent dans les parcs d’engraissement de l’Alberta et de la Saskatchewan au cours des deux mois précédents.

Il semble que nous ne soyons toujours pas prêts à sortir de l’ombre de l’ESB qui pèse sur cette industrie depuis 2003.

Une partie de cette incertitude réside dans le front du commerce où les négociations sur le redémarrage de l’Accord de libre-échange nord-américain semblent être bloquées sur le pare-chocs de l’industrie automobile. Au cours de la cinquième série de réunions à Mexico, les trois parties sont restées concentrées sur cette question centrale et, même si les négociateurs sont sur le point d’y revenir le mois prochain à Montréal, les signes ne sont pas encourageants.

Les perspectives semblent légèrement meilleures pour l’Accord global et progressif du Partenariat transpacifique, anciennement le TPP11. Les 11 pays ont convenu des concepts de base et étaient prêts à signer l’accord le mois dernier au Vietnam jusqu’à ce que le premier ministre Trudeau sorte de la salle. Il veut continuer à négocier pour les droits environnementaux et du travail couverts par les mécanismes de règlement des différends.

Dans une déclaration antérieure, l’Association canadienne des éleveurs de bovins de boucherie (CCA) a expliqué les coûts qui incomberaient à l’industrie du bœuf si le Canada devait choisir de se retirer du PTP.

Avec un accord, le bœuf canadien serait immédiatement assujetti au même tarif préférentiel que le bœuf australien et nos exportations vers le Japon pourraient doubler ou presque tripler pour atteindre environ 300 millions de dollars. Sans cela, selon les estimations de la CCA, nous perdrons probablement environ 80% de la valeur de nos exportations de bœuf vers le Japon.

Depuis que les deux pays ont signé un accord de libre-échange en 2015, le taux douanier du Japon sur le bœuf australien a été réduit quatre fois, à 29,9 pour cent pour le bœuf réfrigéré et 27,2 pour cent pour le bœuf congelé. Pendant ce temps, le taux canadien reste à 38,5 pour cent.

Au 1er juillet, les importations de bœuf au Japon étaient suffisamment élevées pour déclencher une mesure de sauvegarde qui a fixé le taux de la nation le plus favorisé à 50 pour cent, i.e. celui du bœuf congelé. Le boeuf australien est exempté en raison de son FTA avec le Japon.

Si le Canada signait le PTP, les volumes requis pour déclencher un tarif de sauvegarde sur le bœuf canadien seraient beaucoup plus élevés, et le tarif régulier pour le Canada diminuerait au même rythme que le bœuf australien jusqu’à ce qu’il atteigne neuf pour cent.

C’est juste du boeuf. D’autres secteurs de l’agriculture pourraient subir des dommages encore plus importants si le Canada s’éloignait de cet accord.

Une autre chose à laquelle les producteurs de l’Ouest peuvent s’attendre en 2018, c’est une hausse du prélèvement. Alberta Beef Producers (ABP) a approuvé une modification réglementaire qui introduira un prélèvement national obligatoire de 2,50 $ / tête le 1er avril 2018 et l’Agence canadienne de contrôle des bovins de boucherie s’attend à ce que les trois autres provinces de l’Ouest commencent à percevoir le prélèvement majoré autour du même moment.

Ce n’est peut-être pas la seule source d’argent frais pour l’industrie albertaine. S’ils peuvent s’entendre sur les conditions définitives, les négociations entre l’Association Alberta Cattle Feeders et ABP ont abouti à un plan visant à transformer la partie remboursable de 2 $ du prélèvement de l’Alberta en un prélèvement obligatoire plus tard cette année ou au début de la prochaine année.

Environ 2,5 millions de dollars sur les 10,3 millions de dollars que l’ABP a recueillis l’an dernier ont été remboursés aux producteurs. L’idée est d’affecter une partie importante de ces remboursements soit aux engraisseurs de bovins soit à un fonds de développement de l’industrie du bœuf contrôlé par des représentants de l’ABP, des engraisseurs de bovins et de l’Association Western Stock Growers. Une partie de l’argent servirait à financer les activités de ces autres groupes, et le reste serait utilisé pour faire progresser l’industrie. Ce fonds pourrait bien jouer un rôle semblable à celui de l’ancienne Alberta Meat and Livestock Agency.

Si les producteurs peuvent s’entendre sur les détails, la prochaine étape consisterait à approcher Oneil Carlier, le ministre de l’Agriculture de la province, pour qu’il dirige un plébéien producteur afin d’approuver le plan.

Avec les nouveaux accords commerciaux potentiels, les nouveaux accords de partage des revenus et les marchés volatils, il y aura beaucoup à surveiller en 2018. En attendant, Canadian Cattlemen vous souhaite une saison de vacances paisible et agréable avant d’entrer dans cette nouvelle année passionnante.

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