Beef Watch : La forte demande maintient le bœuf et les prix du bétail

//  18 mai 2019  //  Analyses de marché, Commerce international et Accords commerciaux, Marchés  //  Commentaires fermés

21mai2019-14

Le cheptel bovin canadien s’est contracté en 2018, mais les importations de parcs d’engraissement ont soutenu la production de bœuf domestique. La forte demande, en particulier sur le marché mondial, a maintenu les prix du bœuf et du bétail en dépit d’une production accrue. Les prix se sont maintenus à des niveaux stables, voire légèrement plus forts que l’an dernier au premier trimestre de 2019, mais des stocks plus importants d’aliments pour animaux et des prix élevés des aliments pour animaux ajoutent une certaine prudence au marché.

Les incertitudes liées à l’offre et à la demande de viande de porc chinoise peuvent entraîner des prix volatils tout au long de l’année, le marché nord-américain réagissant à la fois à des exportations de viande de porc plus importantes et à des volumes potentiellement plus importants de protéines alternatives. Bien qu’une grande partie de cela reste inconnue pour le moment, le marché à terme réagit déjà.

Tiré de canadiancattlemen.ca –  Publié le 13 mai 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

STOCKS DE BOVINS

Troupeau canadien réduit en 2018

Le rapport d’inventaire de Statistique Canada du 1 er janvier indiquait que le nombre total de bovins et de veaux était en baisse de 1,1% ou de 125 000 têtes pour 11,45 millions de têtes. C’est le plus bas niveau depuis 1991. Les veaux (âgés de moins d’un an) ont perdu 47 800 têtes, les bouvillons (âgés de plus d’un an) 41 000 têtes et les vaches de boucherie, 38 800 têtes, soit un pour cent, à 3,66 millions de têtes, encore le plus bas depuis 1991.

Les vaches de boucherie ont augmenté de 1,8% en Colombie-Britannique et de 1,3% en Saskatchewan. Toutes les autres provinces ont signalé une baisse du nombre de vaches de boucherie. Le nombre de vaches de boucherie a diminué de 6,6% au Manitoba (annulant ainsi totalement l’augmentation constatée l’année dernière), suivi de 2,9% au Québec, de 1,4% en Alberta, de 0,7% dans les provinces de l’Atlantique et de 0,5% en Ontario. Au cours de la dernière décennie, l’Est du Canada a représenté environ 12% du total des stocks de vaches de boucherie. Les génisses de remplacement du bœuf ont également diminué de 1,4% pour s’établir à 553 800 têtes. Elles ont également perdu 2,6% à l’est et 1,2% à l’ouest.

21mai2019-6

La récolte de veaux a diminué de 1,3%, les bouvillons de 3,4% et les génisses d’abattage de 1,2%. La diminution du nombre de bovins d’engraissement combinée au nombre plus élevé dans les parcs d’engraissement a entraîné une baisse de 1,6% du nombre de bovins d’engraissement de bovins à l’extérieur des parcs d’engraissement, soit 3,66 millions de têtes, la plus petite jamais enregistrée (la série a débuté en 2000). Alors que la production de veaux est en baisse, les taux d’abattage ont été soutenus par une réduction des exportations de bovins d’engraissement aux États-Unis et, au cours des deux dernières années, des importations de feeder. De plus, la proportion de bovins nourris et de vaches de réforme transformées au Canada a augmenté. Ce qui arrivera aux stocks en 2019 dépend en grande partie de la météo et de la production d’aliments pour animaux d’hiver cet été. Des conditions d’humidité améliorées sont nécessaires dans plusieurs zones pour réduire les taux de réforme par rapport aux niveaux de liquidation observés en 2018.

En 2019, les conditions météorologiques continueront d’être un facteur clé de l’expansion des troupeaux, en particulier dans les régions sèches des deux dernières années. Les prix du foin en Alberta ont atteint un nouveau record à 142 $/tonne, soit une hausse de 22% par rapport à 2017 et à la moyenne quinquennale.

L’expansion du cheptel américain ralentit mais continue de croître

Le rapport d’inventaire du 1er janvier de l’USDA indiquait que pour la cinquième année consécutive, le nombre de bovins avait augmenté. Cependant, il s’agissait du taux de croissance le plus faible enregistré au cours des cinq dernières années, alors que l’expansion ralentissait. Le nombre total de bovins a augmenté de 0,5% par rapport au taux de croissance le plus rapide de 3,1% observé entre le 1er janvier 2015 et le 1er janvier 2016. Les stocks totaux de bovins et de vaches bovines aux États-Unis ont maintenant atteint leur plus haut niveau depuis 2008. conforme aux estimations antérieures au rapport, mais il a été mis en évidence un cheptel reproducteur de bœuf légèrement plus important que prévu.

21mai2019-7

Les stocks de vache à viande ont augmenté de 1% pour atteindre 31,7 millions de têtes et sont maintenant 2,7 millions plus élevés que le creux de 2014. L’USDA a ajusté le stock de vaches de boucherie au 1er janvier 2018 en baisse de 256 800 têtes, ce qui compense une partie de la hausse d’une année à l’autre. Sur le plan régional, le sud continue de croître plus rapidement car il a été le plus durement touché par la sécheresse au début de la décennie et continue de rebondir. Les deux plus grands états de vache à viande, le Texas et l’Oklahoma, avec 4,66 et 2,15 millions de vaches respectivement, ont augmenté de 3%. Les trois autres États en importance sont le Missouri avec 2,06 millions de vaches (en baisse de 1%), le Nebraska avec 1,94 million (en hausse de 2%) et le Dakota du Sud avec 1,82 million de vaches de boucherie ont enregistré une forte croissance de 4%. Dans l’ensemble, les régions du Texas aux Grands Lacs connaissent une expansion reposant sur des aliments bon marché.

Bien que le nombre de vaches laitières continue d’augmenter, la rétention des génisses a connu sa deuxième année de déclin important. La rétention des génisses de boucherie a augmenté régulièrement de 2012 à 2017, mais en 2018, les stocks de génisses de reproduction ont diminué de 4% et cette année, les stocks ont encore diminué de 3%. Les stocks de génisses de boucherie sont passés sous la barre des six millions de têtes pour la première fois depuis 2014.

Le troupeau de vaches laitières est un facteur important dans la production de veaux et dans la production totale de bœuf au sud de la frontière. En raison de la conjoncture économique difficile dans le secteur laitier, le nombre de vaches laitières a diminué d’environ 0,8%, tandis que celui des génisses de remplacement laitières a diminué de 1,4% à la suite de la liquidation du secteur l’an dernier. Compte tenu de l’évolution des stocks de vaches et de la diminution du nombre de génisses destinées à vêler, la production totale de veaux en 2019 ne devrait être que légèrement supérieure à celle de l’année dernière.

Le temps pluvieux de cet hiver a découragé les placements en parcs d’engraissement, de plus en plus de bovins étant mis en pâturage et en pâturage pour le blé d’hiver. Ces conditions, combinées au stock plus important de nourrisseurs en dehors des parcs d’engraissement, entraîneront probablement une augmentation des placements au premier semestre de 2019.

MAINTIEN DES PRIX

Valeurs de découpe

Les coupures AAA et AA se sont établies en moyenne à 269 USD et 258 USD respectivement en 2018, en hausse de 0,7% et de 1,7% par rapport à l’année précédente. Ceci est de retour aux niveaux de 2016 et est la deuxième année de valeurs relativement stables. Sur le plan saisonnier, le creux du troisième trimestre de 2018 était supérieur à la moyenne des trois dernières années. Les prix ont été soutenus par la vigueur des exportations, l’indice de la demande en gros de viande de bœuf étant en hausse de 1,7%, ce qui témoigne d’un intérêt marqué pour les services de restauration. Au quatrième trimestre, la découpe s’est appuyée sur une solide performance au niveau des côtes.

21mai2019-8

Au cours de la première moitié de mars 2019, la réduction AAA était en hausse de 4% par rapport à l’année dernière et restait stable avec la moyenne des cinq dernières années, avec une demande toujours forte. Le rein de longe a repris et se négocie 6% de plus que l’an dernier. La découpe AAA est généralement douce fin avril, avec un intérêt pour les viandes concurrentes pour les vacances de Pâques, avant d’atteindre un sommet printanier autour du long week-end de mai.

La découpe US Choice s’est très bien déroulée ce printemps. Malgré les conditions hivernales, le choix de février 2019 était en moyenne de 288 $ CAN/quintal, en hausse de 7% par rapport à l’année dernière. Le spread AAA/Choice s’est affaibli pour s’établir à 20 $/quintal à la mi-mars, contre -14 $/quintal en 2018. La découpe nord-américaine a été soutenue ce printemps par des côtes plus fortes (+ 10%) et du rein (+ 4,0%) des prix.

Bétail nourri

Les prix des bovins engraissés en Alberta sont revenus au bas de l’automne dernier de 148 $/quintal l’automne dernier, avant de remonter à 156 $/quintal en mars 2019. Ce montant est inférieur de 4% à celui de l’an dernier. Le prix des bovins d’engraissement en Ontario a augmenté de 16%, passant de 125 $/quintal en décembre 2018 à 145 $/quintal en février 2019, avant de retomber à 132 $/quintal en mars, soit 11% de moins que l’an dernier. L’écart de prix entre l’Alberta et l’Ontario a été ramené à 4,80 $/quintal en février 2019 avant de remonter à 24 $/quintal en mars, les deux marchés ayant évolué dans des directions opposées au premier trimestre de l’année. Les prix devraient être volatils tout au long de 2019 au fur et à mesure que l’information sur l’ampleur de l’impact de la peste porcine africaine sur le marché chinois sera disponible.

21mai2019-9

Après quatre années d’une base toujours plus solide, le marché albertain s’est affaibli par rapport au marché américain au cours de la dernière année. La base de calcul cash-to-cash de l’Alberta et du Nebraska était en moyenne de 17,55 USD/quintal en février et de 14,45 USD/quintal en mars. Ces chiffres se comparent aux niveaux de l’année dernière, de +3 $/quintal à + 1 $/quintal, et à la moyenne quinquennale de -8 $/quintal à -10,50 $/quintal, respectivement. La variation des écarts de prix régionaux a été dictée par la dynamique de l’offre et de la demande régionales, le cheptel américain s’étant développé dans des localités différentes de celles où la capacité d’emballage historique est actuellement atteinte. Ces écarts de prix sont conçus pour signaler au marché où déplacer le bétail. Au cours des deux dernières années, il a attiré du bétail dans l’ouest du Canada, où il y avait à la fois des parcs d’engraissement et des capacités d’emballage. L’espace occupé par les parcs d’engraissement étant rempli, la base change à nouveau.

Le 1 er mars, les stocks de bovins avec nourriture de l’Alberta et de la Saskatchewan s’élevaient à 984 145 têtes, soit une hausse de 10% par rapport à l’année dernière. Ils étaient en hausse de 13% au troisième trimestre de 2018, les veaux ayant été retirés tôt des pâturages. Les placements ont ensuite chuté de 4% au quatrième trimestre et devraient encore augmenter au premier trimestre de 2019. Toutefois, les pondérations ont diminué au troisième trimestre de l’année dernière et en janvier et février 2019. Il faudra donc plus longtemps avant que ces animaux viennent au marché.

21mai2019-10

Une quantité importante de bétail nourri pourrait retarder la commercialisation, ce qui augmenterait le poids des carcasses et de la viande de bœuf. Jusqu’à présent, en 2019, le poids de la carcasse du bouvillon pesait en moyenne 16 livres de plus qu’il y a un an, à 925 livres, tandis que celui des carcasses de génisses pesait en moyenne 18 livres à 853 livres.

Bovins d’engraissement

En Alberta, les prix des bouvillons de 500 à 600 livres ont été relativement stables autour de 220 $/quintal depuis le quatrième trimestre de 2017. La moyenne mensuelle en mars était de 223 $/quintal, stable par rapport à l’an dernier. En Ontario, les prix des bouvillons de 500 à 600 livres sont passés de 220 $/quintal en octobre 2018 à 197 $/quintal en mars 2019, soit une baisse de 11% ou 24 $/quintal par rapport à l’an dernier. Les prix d’engraissement en Ontario ont été influencés par les prix plus bas des bovins à fourrure dans la région.

21mai2019-11

Les exportations de bovins d’engraissement ont fini en 2018, en hausse de 48%, avec 194 000 têtes, tandis que les importations américaines en provenance de fournisseurs, ont augmenté de 197%, avec 180 000 têtes, faisant du Canada un exportateur net de 14 000 têtes. La base d’alimentation est en baisse, passant de – 3,26 USD/quintal en janvier à – 14,40 USD/quintal en mars, mais elle reste supérieure à la moyenne des cinq dernières années (– 18 USD/quintal). Les exportations de feeders ont augmenté de 22% jusqu’à la mi-mars. L’augmentation des exportations de produits d’engraissement est influencée par le resserrement de l’espace dans les enclos et les coûts plus élevés de l’alimentation dans l’Ouest canadien.

Les prix de l’orge de Lethbridge ont bondi de 49%, passant de 164 $ la tonne en mars 2017 à 245 $ la tonne en mars 2018, et de 11% à 272 $ la tonne en mars 2019, le plus haut niveau depuis 2012-13. À titre de comparaison, les prix du maïs ont été relativement stables en Ontario et au Nebraska, se situant entre 180 et 204 $ CAN/tonne. Les prix de l’orge ont désavantagé l’alimentation de l’Alberta, les prix du maïs de l’Ontario et du maïs Omaha ayant baissé de 28% et de 25%, respectivement. Par conséquent, les importations de maïs dans l’Ouest canadien ont augmenté de 150% en 2018 pour atteindre 1,6 million de tonnes. Les importations de maïs dans l’Est du Canada ont augmenté de 15% pour atteindre 358 500 tonnes.

21mai2019-12

Demande internationale solide

En 2018, les exportations de bœuf canadien ont augmenté de 5% en volume et de 14% en valeur pour atteindre 398 580 tonnes (poids du produit) d’une valeur de 2,75 milliards de dollars. Une production de bœuf canadienne plus importante et une demande internationale solide soutenue par des volumes. Les cinq principaux marchés sont les États-Unis (74%), le Japon (8%), la Chine, Hong Kong et Macao (7,7%), le Mexique (4%) et l’Asie du Sud-Est (1,8%). . La Corée du Sud arrive en sixième position (1,1%).

Les exportations vers le Japon (32 110 tonnes), d’une valeur de 214 millions de dollars, ont progressé de 20% en volume et de 33% en valeur. L’accord global et progressif pour le partenariat transpacifique (CPTPP) est entré en vigueur le 30 décembre 2018. La première réduction tarifaire prévue le 30 décembre a ramené le droit de douane japonais pour le bœuf de 38,5% à 27,5% sur le bœuf frais canadien pour cent sur le bœuf congelé. Les statistiques d’importation du Japon pour janvier 2019 indiquent que les volumes en provenance du Canada s’élèvent à 3 545 tonnes, soit plus du triple des 1 282 tonnes produites en décembre 2018 et des 1 007 tonnes produites en janvier 2018. Le volume de janvier 2019 est de 57,6% supérieur à la moyenne mensuelle pour 2018.

En janvier 2019, les exportations de viande de bœuf ont continué d’être fortes, avec des volumes en hausse de 22% et des valeurs en hausse de 46% par rapport à janvier 2018. De grands progrès ont été enregistrés, le Japon affichant une hausse de 75% en volume et de 100% en valeur, cent pour cent en volume et 35 pour cent en valeur, la Chine et Hong Kong en hausse de 120 pour cent et 182 pour cent, et la Corée du Sud pour 62 pour cent et 148 pour cent à partir d’une petite base.

Le 1 er avril 2019, le Canada appliquera une deuxième réduction tarifaire au Japon pour atteindre 26,6% de bœuf frais et congelé, et des réductions supplémentaires réduiront finalement le tarif à 9% d’ici 2033. Avant le PPPC, les importateurs japonais veillaient à garantir ne devait pas dépasser les niveaux de sauvegarde qui entraîneraient une augmentation du tarif à 50%. Les pays qui font partie du CPTPP sont exemptés de ce tarif plus élevé sur le bœuf congelé.

Les incertitudes liées à l’offre et à la demande de viande de porc chinoise peuvent entraîner des prix volatils tout au long de l’année, le marché nord-américain réagissant à la fois à des exportations de viande de porc plus importantes et à des volumes potentiellement plus importants de protéines alternatives. Bien qu’une grande partie de cela reste inconnue pour le moment, le marché à terme réagit déjà.

Ratios de remplacement

Plus le taux de remplacement est bas, moins le parc d’engraissement doit dépenser d’argent pour remplacer un animal nourri par un engraisseur. Inversement, un ratio plus élevé signifie que le parc d’engraissement doit payer plus par livre pour remplacer ces animaux. Par conséquent, un ratio plus élevé a des conséquences négatives sur la rentabilité des parcs d’engraissement, car davantage de dollars sont consacrés à l’installation de nouveaux bovins.

Les ratios de remplacement ont culminé au troisième trimestre de 2018 et ont tendance à se détériorer depuis. Entre le quatrième trimestre de 2018 et le premier trimestre de 2019, les taux de remplacement ont baissé de 5 à 12% à l’est et de zéro à 8% à l’ouest.

Les ratios de remplacement pour toutes les catégories étaient inférieurs à ceux de l’année précédente au quatrième trimestre de 2018, mais ils étaient mitigés au premier trimestre de 2019, les bœufs de l’Est étant à la baisse, mais les génisses de l’Est et tous les ratios de l’Ouest augmentant.

21mai2019-13psd

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/2019/05/13/beef-watch-strong-demand-keep-beef-cattle-prices-firm/

Comments are closed.