BCRC –Réduction de l’empreinte hydrique de la production canadienne du bœuf

//  16 janvier 2018  //  Dossiers, Production durable et environnement  //  Commentaires fermés

Communiqué de presse du 14 décembre 2017

Selon une nouvelle étude, l’industrie canadienne du bœuf a considérablement réduit son empreinte hydrique au cours des dernières décennies, et cette tendance devrait se poursuivre.

La quantité d’eau nécessaire pour produire un kilogramme de bœuf canadien a diminué de 17 % de 1981 à 2011, principalement en raison de l’efficience accrue dans la production des cultures d’aliments pour bovins de boucherie, ainsi que de l’efficience de l’élevage des bovins de boucherie et de la production de boeuf par animal.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Ces résultats proviennent de l’étude la plus complète et la plus sophistiquée jamais réalisée sur l’évaluation de l’empreinte hydrique de la production de bœuf canadienne, menée par des chercheurs de l’Université du Manitoba et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) à Lethbridge. Il a fallu intégrer, modéliser et évaluer de nombreux facteurs liés à l’empreinte hydrique du bœuf canadien sur une période de 30 ans, en utilisant comme référence les années de recensement principales riches en données de 1981 et de 2011.

Bien que le Canada soit reconnu comme l’un des pays les plus économes en eau en ce qui concerne l’utilisation de l’eau dans la production de viande bovine, l’industrie est toujours déterminée à poursuivre son amélioration. Les possibilités d’amélioration mises en évidence par l’étude comprennent des progrès supplémentaires dans l’efficacité de l’alimentation pour animaux et la réduction des besoins en eau pour la production de cultures fourragères et de pâturages.

L’étude fait partie d’un projet plus vaste intitulé « Définir l’empreinte environnementale de la production de bœuf canadienne », qui avait déjà révélé des réductions semblables des émissions de gaz à effet de serre et des intensités d’utilisation des ressources par rapport à la même période.

« Notre objectif a été de développer une évaluation précise de l’empreinte hydrique de l’industrie bovine canadienne et de son évolution avec les progrès de l’efficience de la production », a déclaré Tim McAllister, chercheur à AAC à Lethbridge et chercheur principal de l’étude. « Nos résultats montrent très clairement que l’empreinte hydrique par kilogramme de viande bovine produite a été réduite au fil des ans et que l’industrie fonctionne à un niveau élevé de durabilité du point de vue de l’utilisation de l’eau. Il existe également des possibilités d’amélioration continue grâce à de nouvelles avancées à l’appui de la production de boeuf canadien hautement efficace. »

L’étude est sans précédent au niveau du détail et de la portée pour le Canada et compte parmi les plus avancées au monde. Elle a utilisé la collecte de données avancées, l’analyse et la modélisation pour produire un examen très robuste et à plusieurs niveaux de l’utilisation de l’eau dans tous les domaines pertinents à la production de boeuf canadien au cours de la période d’étude. Parmi les nombreuses variables, elle tenait compte de l’eau utilisée pour la production d’aliments pour animaux et de pâturages, de l’eau utilisée par abreuver les bovins, de l’eau utilisée dans les systèmes d’alimentation pour animaux et de l’eau utilisée pour la transformation de la viande. Elle a également pris en compte l’évapotranspiration potentielle des terres utilisées pour la production de viande bovine, qui est une estimation de la somme de l’évaporation à la surface du sol et de la transpiration des plantes. Les calculs d’évapotranspiration ont été effectués à l’aide des données de 679 stations météorologiques du Canada. Les différences régionales dans la production de viande bovine et l’utilisation de l’eau ont également été prises en compte. L’utilisation de l’eau a été comparée à la production de viande bovine, en utilisant des informations sur les populations de bovins et des indicateurs clés de performance tels que le gain quotidien moyen et le poids de la carcasse.

L’étude a examiné l’intensité de l’utilisation de l’eau à la fois pour l’eau «bleue» (eaux de surface et souterraines) et «verte» (précipitations ou eau de pluie). L’eau potable consommée par les bovins représentait moins de 1% de l’utilisation totale d’eau liée à la production de bœuf, tandis que la production d’aliments pour animaux, soit l’eau nécessaire (incluant l’eau de pluie) pour cultiver les pâturages, les cultures ou pour produire des sous-produits représentait 99 % de l’utilisation d’eau liée à la production de viande bovine. Les sous-produits alimentaires pour animaux sont des aliments utilisables provenant d’autres types d’agro-traitement, ce qui représente un moyen précieux de recycler ces matériaux dans l’agriculture. Alors que dans l’ensemble, la quantité d’eau nécessaire pour produire un kilogramme de bœuf canadien a diminué de 17 % sur toute la période, la diminution a été encore plus marquée avec l’eau bleue, qui a diminué de 20 % au cours des trente années.

« Un certain nombre de facteurs ont contribué à ces progrès », a déclaré le Dr Getahun Legesse Gizaw de l’Université du Manitoba, l’un des principaux chercheurs de l’étude. « Les améliorations liées à la production d’aliments pour animaux étaient principalement dues à l’amélioration de la productivité des cultures, car les cultures fourragères étaient plus performantes en utilisant moins d’eau. Des améliorations supplémentaires ont été attribuables aux progrès de la production de boeuf, notamment dans les domaines suivants: augmentation du poids de la carcasse, efficacité de la reproduction et gain quotidien moyen. Il y a également eu des investissements substantiels dans le sud de l’Alberta pour améliorer l’efficacité de l’infrastructure d’irrigation et réduire les pertes d’eau par évaporation dans une région où la plupart des bovins d’engraissement au Canada sont finis.

« Il y a des exigences de maintenance pour chaque animal et comme l’industrie a fait des progrès et des investissements pour produire plus de boeuf, plus efficacement, à partir de chaque animal, la quantité d’intrants et d’énergie y compris l’eau a été substantiellement réduite par rapport à la production globale ».

L’étude sur l’empreinte hydrique et le projet d’empreinte environnementale élargie font partie de l’engagement de l’industrie canadienne du boeuf envers l’amélioration continue de la durabilité. L’information tirée de ces initiatives appuiera la transparence, l’exactitude et la planification liées aux activités de développement durable de l’industrie, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Parmi les divers extrants, l’étude contribuera aux efforts de la Table ronde canadienne sur le bœuf durable (CRSB), y compris l’Évaluation nationale de la viabilité du bœuf du CRSB.

« L’eau est une ressource précieuse et les producteurs de boeuf canadiens s’engagent à soutenir une utilisation responsable de l’eau dans nos systèmes de production », a déclaré Bryan Thiessen, directeur de Namaka Farms près de Strathmore, AB et président du Beef Cattle Research Council. « La connaissance est essentielle. Des études comme celle-ci nous aident à acquérir une compréhension globale de l’empreinte environnementale passée, présente et future de l’industrie, non seulement pour fonctionner de manière efficace et responsable, mais aussi pour continuer à contribuer globalement à la production durable de bœuf ».

Les résultats détaillés de l’étude, « Intensité de l’utilisation de l’eau de la production de bœuf canadienne en 1981 par rapport à 2011 », sont publiés dans Science of the Total Environment, l’un des principaux journaux scientifiques internationaux à comité de lecture. L’étude a été financée par le groupe scientifique de l’industrie du bovin de boucherie dans le cadre de Cultivons l’avenir 2.

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