Attention, températures froides = intoxications possibles de nitrates dans les fourrages

//  25 mai 2020  //  Conseils, Nutrition, Santé Animale  //  Commentaires fermés

26mai2020-17

Les récents temps froids et nuageux ont soulevé des inquiétudes quant à des niveaux plus élevés de nitrates dans les fourrages qui pourraient potentiellement être toxiques pour les animaux consommant ces fourrages. Il est vrai que toute condition de stress qui ralentit la croissance et le métabolisme des plantes peut augmenter le risque de niveaux plus élevés de nitrates dans les plantes. Cet article discute des facteurs à considérer, compte tenu des températures froides que nous avons connu au Québec récemment.

Tiré de lebulletin.com – par Christian Duchesneau – Publié le 21 mai 2020

Les plantes absorbent facilement les nitrates du sol dans des conditions plus froides. Une fois dans la plante, le nitrate est converti en nitrite, puis en ammoniac, et enfin en acides aminés et en protéines végétales. Tout stress environnemental qui ralentit considérablement la photosynthèse et le métabolisme des plantes peut conduire à des niveaux excessifs de nitrate dans la plante car l’absorption de nitrate du sol sera plus rapide que son métabolisme de production de protéines végétales. Ces stress comprennent le gel, le froid prolongé et les conditions nuageuses.

Lorsque les ruminants consomment des niveaux excessifs de nitrate dans l’alimentation, le nitrate est converti en nitrite par les microbes du rumen plus rapidement qu’il ne peut être converti en ammoniac, en acides aminés et éventuellement en protéines. Le nitrite accumulé dans le rumen est ensuite absorbé dans la circulation sanguine où il empêche le transport de l’oxygène, ce qui entraîne la mort. Voici le bétail sensible aux nitrates: porcs, bovins, moutons et chevaux. Les animaux plus âgés ou malades sont généralement plus sensibles que les jeunes animaux en santé. Le fœtus des femelles gestantes est très sensible aux taux élevés de nitrates ingérés dans l’alimentation.

Voici les facteurs à considérer concernant le potentiel de niveaux élevés de nitrate dans les fourrages, dans le contexte de notre situation ce printemps:

• La croissance du fourrage a été considérablement ralentie en raison des nuits froides prolongées, du temps nuageux et de plusieurs épisodes de gel. Tous ces stress peuvent entraîner une augmentation des niveaux de nitrate dans les plantes. Des températures plus chaudes aideront à réduire les niveaux de nitrates des plantes à mesure que les plantes reprennent leur croissance active.

• Les applications d’engrais azoté ou de fumier faites sur les fourrages ce printemps augmentent définitivement le risque de niveaux plus élevés de nitrates dans les tissus végétaux, en particulier là où la croissance du fourrage est lente.

• L’accumulation de nitrates est possible dans de nombreuses espèces fourragères, y compris toutes les graminées fourragères vivaces de saison fraîche, la luzerne, toutes les céréales fourragères (avoine, seigle, triticale, blé, orge, épeautre, etc.) et les brassicas. Les nitrates peuvent également s’accumuler dans le maïs et le sorgho.

• Plusieurs espèces de mauvaises herbes sont de gros accumulateurs de nitrates, notamment l’amarante, certaines espèces de moutarde, l’ortie, la morelle et le chiendent. De fortes infestations de ces mauvaises herbes lors de la récolte du fourrage augmenteront le risque de toxicité des nitrates.

• Les niveaux de nitrates sont généralement plus élevés dans une jeune plante en croissance que dans une plante plus mature. Le report de la récolte fourragère de céréales au stade pâteux et d’autres fourrages au stade de floraison-épiaison peut réduire considérablement les niveaux de nitrates.

• Les nitrates s’accumulent davantage dans le tiers inférieur des plantes que dans les deux tiers supérieurs.

• Les concentrations de nitrates dans les plantes sont plus élevées le matin que plus tard dans la journée (le métabolisme des plantes pendant le jour entraîne la conversion des nitrates en protéines végétales).

• Le risque de toxicité des nitrates est plus élevé avec le pâturage, surtout là où des applications d’azote ou de fumier ont été faites ce printemps.

• La production de foin sec ne réduit sensiblement pas les niveaux de nitrates dans le fourrage.

• L’ensilage peut réduire les niveaux de nitrates de 10 à 60%, à condition que la fermentation soit bonne. Mais si le fourrage est initialement très riche en nitrates, l’ensilage pourrait encore contenir des niveaux toxiques de nitrates. Ce n’est donc pas une option de sécurité automatique.

• Les niveaux de nitrates peuvent varier à travers un champ, donc le fourrage récolté peut être assez variable en concentration de nitrates.

Source et texte complet : https://www.lebulletin.com/cultures/experts-fourragers/attention-temperatures-froides-intoxications-possibles-106247

 

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